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Prix des Lecteurs TSM pour nos expert·e·s Sce : éclairage sur les défis de la nouvelle directive eaux usées

Prix TSM Emeline Ruin

À l'occasion du congrès de l'Astee en juin dernier, Emeline Ruin, chargée de projet, et Emmanuel Rochais, chef de projet en hydraulique urbaine chez Sce, ont remporté le Prix des Lecteurs de la revue TSM (Techniques Sciences Méthodes) pour leur article rédigé avec Christophe Battistelli (Altereo).
Leur publication met en lumière les défis et les solutions envisagées pour adapter le système d'assainissement de Pau-Lescar aux exigences de la nouvelle directive européenne DERU 2. Une belle reconnaissance pour nos expert·e·s !

Nous vous invitons à découvrir cet article ci-dessous.


Article résumé :

La nouvelle directive européenne sur le traitement des eaux résiduaires urbaines (DERU2), adoptée en 2024, impose des exigences ambitieuses aux collectivités en matière de collecte et de traitement des eaux usées. L’article présente le cas de l’agglomération de Pau-Lescar, dont le système d’assainissement, dimensionné pour 190 000 équivalents-habitants, doit évoluer en profondeur pour répondre à ces nouvelles obligations.

Le territoire était déjà confronté à des difficultés de conformité liées à son réseau majoritairement unitaire, particulièrement sensible aux épisodes pluvieux. Lors de fortes pluies, d’importants volumes d’eaux claires parasites pénètrent dans le réseau, provoquant des déversements sur les ouvrages de collecte ainsi qu’à l’entrée de la station d’épuration. Ces surverses peuvent dégrader la qualité des rejets dans le milieu naturel et ont conduit l’État à mettre en demeure la collectivité de rétablir la conformité de son système dès 2019. En réponse, un schéma directeur d’assainissement a été adopté en 2020 puis actualisé en 2024 afin d’intégrer les nouvelles exigences de la DERU2.

Les travaux engagés sur le réseau ont déjà produit des résultats significatifs. Grâce à la réalisation d’interconnexions, à l’optimisation de plusieurs ouvrages et à une meilleure gestion des flux, les volumes déversés ont fortement diminué, permettant de retrouver la conformité réglementaire en 2024. Toutefois, l’objectif européen visant à limiter à terme les déversements à un niveau très faible nécessitera des actions complémentaires : création de nouveaux bassins d’orage, adaptation ou suppression de certains déversoirs, réduction du ruissellement urbain et poursuite de la réhabilitation des réseaux afin de limiter les infiltrations d’eaux parasites.

La station d’épuration de Pau-Lescar constitue également un enjeu majeur. Bien que sa capacité de traitement soit importante, elle est régulièrement dépassée lors des épisodes pluvieux intenses, qui génèrent des débits instantanés largement supérieurs à ses capacités hydrauliques. Les études menées ont montré qu’une simple augmentation du stockage ou l’ajout d’un clarificateur ne suffiraient pas à résoudre durablement le problème. La solution retenue consiste donc à créer une filière spécifique de traitement des eaux de temps de pluie, composée de prétraitements complets et d’une étape de décantation lamellaire. Cette installation permettra d’augmenter la capacité hydraulique de la station tout en améliorant la qualité des effluents rejetés au milieu naturel.

L’une des évolutions les plus marquantes de la DERU2 concerne l’obligation de réduire les rejets de micropolluants par les stations d'épuration. Plusieurs technologies ont été comparées, notamment les membranes, l’ozonation et le charbon actif. Les membranes ont été écartées en raison de leur coût et de contraintes d’exploitation importantes. L’ozonation présente des avantages économiques mais peut générer des sous-produits indésirables. À ce stade, le traitement par charbon actif apparaît comme la solution la plus pertinente pour la station de Pau-Lescar, même s’il entraîne des coûts d’exploitation élevés.

L’ensemble de ces adaptations représente un effort financier considérable. Entre la modernisation du réseau, la création de la filière de traitement des eaux pluviales, le renforcement du traitement du phosphore et la future élimination des micropolluants, les investissements sont estimés entre 175 et 230 millions d’euros hors taxes à l’horizon 2045. La collectivité anticipe donc une nécessaire évolution du prix de l’eau pour financer ces travaux.


L'article dans son intégralité est à découvrir ici.